Publié le : 06 Août 2026

Charges lourdes au mur : le goujon d’ancrage

goujon d'ancrage

Ce que vous devez savoir sur le goujon d’ancrage

  1. Le goujon d’ancrage travaille par expansion mécanique : le serrage de l’écrou tire un cône qui plaque la chemise contre les parois du trou
  2. Il ne s’utilise que dans les matériaux pleins : béton, pierre massive, brique pleine. Jamais dans du parpaing creux ni du placo
  3. Le diamètre de perçage est strictement égal au diamètre du goujon, contrairement aux chevilles plastiques
  4. Un trou mal dépoussiéré fait perdre une part importante de la résistance à l’arrachement
  5. En extérieur ou en milieu humide, l’inox A2 ou A4 évite la corrosion qui fissure le béton à terme

Il y a un moment où la cheville plastique ne suffit plus. Un garde-corps, un portail, une machine-outil, une balancoire scellée dans une dalle : dès que la charge devient sérieuse et que la sécurité entre en jeu, on change de catégorie de fixation. C’est exactement le terrain des goujons d’ancrage.

Je vois beaucoup de bricoleurs les acheter au bon diamètre mais les poser comme une cheville classique, et se demander ensuite pourquoi la fixation bouge au bout de six mois. Alors reprenons depuis le début : comment ça marche, où ça s’utilise, et surtout où il ne faut surtout pas en mettre.

Comment fonctionne un goujon d’ancrage ?

Le principe est purement mécanique, et c’est ce qui fait sa force. Un goujon se compose d’une tige filetée, d’une chemise d’expansion fendue à son extrémité, d’un cône, d’une rondelle et d’un écrou. Tu perces, tu insères, tu serres l’écrou. Le serrage tire la tige vers l’extérieur, le cône remonte dans la chemise et l’écarte violemment contre les parois du trou.

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Résultat : la fixation tient par frottement et par ancrage de forme dans la masse du support. Plus tu tires dessus, plus le cône a tendance à s’engager, donc plus ça serre. C’est ce comportement qui distingue le goujon des chevilles à expansion souples, qui elles finissent par céder sous charge dynamique.

💡 Repère simple : si tu peux enfoncer la fixation au marteau sans effort, ce n’est pas un goujon d’ancrage, c’est une cheville à frapper. Les deux n’ont pas du tout la même capacité de charge.

Sur quels supports peut-on l’utiliser ?

La réponse tient en un mot : les matériaux pleins. Le goujon a besoin de matière autour de lui pour s’arc-bouter, sinon la chemise s’ouvre dans le vide et ne retient plus rien.

Les supports compatibles sont donc le béton, la pierre naturelle massive, la brique pleine et, avec précaution, certains blocs béton pleins. À l’inverse, quatre supports sont à écarter sans discussion :

  1. le parpaing creux et la brique creuse, où l’expansion fait éclater les cloisons internes
  2. la plaque de plâtre, qui n’oppose aucune résistance à l’écartement
  3. le béton cellulaire, trop tendre, qui s’écrase au lieu de retenir
  4. les enduits et doublages rapportés, qui ne sont pas structurels

Sur ces matériaux, il faut basculer sur une autre famille de fixation : scellement chimique pour le creux, cheville métallique à expansion pour le placo. J’ai détaillé les arbitrages dans mon guide sur la cheville à choisir pour fixer sur du placoplatre, où le goujon n’a justement pas sa place.

Comment choisir le bon goujon d’ancrage ?

Trois paramètres commandent le choix, et aucun ne se devine à l’œil.

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Le diamètre et la longueur

Le diamètre se lit en M6, M8, M10, M12 et au-delà. Il se choisit en fonction de la charge, mais aussi de l’épaisseur de la pièce à fixer : la longueur du goujon doit couvrir cette épaisseur, plus la rondelle et l’écrou, plus la profondeur d’ancrage utile indiquée par le fabricant. C’est cette dernière valeur qui détermine la résistance, pas la longueur totale. Les catalogues spécialisés, comme celui de Bricovis dédié au goujon d’ancrage, donnent ces profondeurs pour chaque référence : prends l’habitude de les vérifier avant d’acheter plutôt qu’après avoir percé.

Le matériau

L’acier zingué convient en intérieur sec. Dès que l’humidité entre en jeu, terrasse, façade, abri de jardin, il faut passer en inox A2. En bord de mer ou autour d’une piscine, l’A4 devient le minimum : la corrosion d’un goujon ne se contente pas d’affaiblir la fixation, elle gonfle et fissure le béton autour.

Les distances au bord et entre goujons

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus grave. Un goujon posé trop près d’une arête fait éclater le béton au serrage, parfois plusieurs semaines après la pose. Respecte les distances minimales du fabricant, au bord comme entre deux ancrages, et décale ton implantation plutôt que de forcer.

Comment poser un goujon d’ancrage correctement ?

La pose demande cinq minutes, et c’est là que tout se joue.

Perce au diamètre exact du goujon, avec un foret béton en percussion, et va plus profond que l’ancrage prévu pour laisser tomber la poussière. Souffle et brosse le trou : c’est l’étape que tout le monde bâcle, alors que la poussière résiduelle fait chuter la résistance à l’arrachement de façon spectaculaire. Insère ensuite le goujon en le tapant doucement, positionne ta pièce, la rondelle, l’écrou, et serre progressivement jusqu’au couple recommandé.

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Une clé dynamométrique n’est pas un luxe sur les fixations de sécurité. Un serrage insuffisant ne déploie pas complètement la chemise, un serrage excessif arrache le filetage ou fissure le support. Pour le perçage, une perceuse à percussion classique suffit sur du béton courant ; sur du béton armé ancien, un perforateur SDS te fera gagner un temps considérable, comme je l’expliquais dans mon comparatif pour choisir sa perceuse visseuse.

⚠️ Ne repose jamais un goujon dans un trou qui a déjà servi. La chemise s’est déformée au premier serrage et le béton s’est comprimé : la seconde pose ne tiendra pas la charge annoncée.

Quels usages concrets au quotidien ?

Le goujon couvre tout ce qui doit tenir sans discuter. En intérieur, on le retrouve sur les rails de portes coulissantes lourdes, les machines d’atelier boulonnées au sol, les racks de rangement chargés, les chauffe-eau muraux de grande capacité.

En extérieur, il fixe les platines de portail, les poteaux de garde-corps sur dalle, les structures bois d’une pergola, les supports de panneaux solaires en toiture-terrasse. Chaque fois, le point commun est le même : une charge lourde, souvent avec une composante dynamique, sur un support plein.

✅ Pour toute fixation dont la rupture présenterait un risque pour les personnes, garde-corps en tête, oriente-toi vers des goujons bénéficiant d’un agrément technique européen et respecte scrupuleusement la fiche de pose.

Le goujon d’ancrage n’est ni compliqué ni cher. Il demande simplement qu’on respecte trois choses : un support plein, un trou propre au bon diamètre, et un couple de serrage tenu. Réunis ces conditions et ta fixation tiendra plus longtemps que la structure qu’elle supporte.